Rasage de la tête: le «vilain carnaval» qui a transformé la France libérée en une France diabolisante

Carnaval laid
© MRU

La punition de se raser la tête d'une femme avait des origines bibliques. En Europe, la pratique remonte aux âges sombres, avec les Wisigoths. Au Moyen Âge, cette marque de honte, déniant à une femme ce qui était censé être son trait le plus séduisant, était généralement une punition pour adultère. Le rasage de la tête des femmes en signe de rétribution et d'humiliation a été réintroduit au XXe siècle.

Cette photo déchirante a été prise à Montélimar, en France, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, où une femme française se fait raser la tête par des civils en guise de sanction pour avoir fréquenté les troupes allemandes. (Août 1944)
Cette photo déchirante a été prise à Montélimar, en France, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, où une femme française se fait raser la tête par des civils en guise de sanction pour avoir fréquenté les troupes allemandes. Au moins 20,000 XNUMX femmes se sont fait raser la tête en France après la libération.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'État nazi a ordonné que les femmes allemandes accusées de coucher avec des non-aryens ou des prisonniers étrangers employés dans des fermes soient publiquement punies en se rasant la tête et en les rendant socialement intouchables.

En France, la même vague de rasages de tête a eu lieu à la fin du printemps 1945 lorsque les travailleurs forcés, les prisonniers de guerre et les victimes des camps de concentration sont revenus d'Allemagne. La vengeance sur les femmes représentait une forme d'expiation pour les frustrations et le sentiment d'impuissance chez les hommes humiliés par l'occupation de leur pays. On pourrait presque dire que c'était l'équivalent d'un viol par le vainqueur.

Un grand nombre de victimes étaient des prostituées qui avaient simplement exercé leur métier avec des Allemands ainsi qu'avec des Français, bien que dans certaines régions, il était admis que leur conduite était professionnelle plutôt que politique. D'autres étaient des adolescents stupides qui s'étaient associés à des soldats allemands par bravade ou par ennui.

Mais de nombreuses victimes travaillaient dans les camps allemands pour gagner leur vie. Alors que beaucoup étaient de jeunes mères, dont les maris étaient dans des camps de prisonniers de guerre allemands. Pendant la guerre, ils n'avaient souvent aucun moyen de subsistance et leur seul espoir d'obtenir de la nourriture pour eux-mêmes et leurs enfants était d'accepter une liaison avec un soldat allemand.

Après l'humiliation d'un rasage public de la tête, les tondues - les femmes tondues - défilaient souvent dans les rues à l'arrière d'un camion, parfois au son d'un tambour comme s'il s'agissait d'un tumbril et la France revivait la révolution de 1789. Certains étaient enduits de goudron, certains dépouillés à moitié nus, certains marqués de croix gammées dans la peinture ou le rouge à lèvres. Ils seraient en larmes, la tête baissée de honte.

Rasage de la tête France
Des Françaises accusées de collaborer avec les nazis défilées dans les rues pieds nus, rasées et avec des croix gammées brûlées au visage en 1944.

Il y avait un fort élément d'érotisme vicariant parmi les tondeurs et leur foule, même si le châtiment qu'ils s'apprêtaient à infliger symbolisait la désexualisation de leur victime. Ce «vilain carnaval» est devenu le modèle peu après le jour J, qui a continué pendant des années après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

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